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Question à la ministre de l’Environnement et du Changement climatique

Le ministère de l’Environnement et du Changement climatique

Le plan climatique

L’honorable Serge Joyal : Madame la ministre, la conclusion du rapport intitulé Rapport sur le climat changeant du Canada, publié hier par votre ministère, est que la catastrophe appréhendée est si importante et considérable que les mesures actuelles proposées par le gouvernement, si louables soient-elles, et je pense à la taxe sur le carbone et à la transformation vers une économie verte, ne suffiront pas à absorber l’augmentation irrépressible des émissions de gaz à effet de serre et, surtout, des émissions de méthane causées par la fonte du pergélisol dans le Grand Nord. Il me semble que le leadership auquel la nouvelle génération, auquel les jeunes devraient s’attendre de la part du gouvernement pour être convaincus que leur avenir n’est pas en jeu va bien au-delà de ce que le gouvernement a proposé jusqu’ici et qui, à mon avis, mérite l’appui des Canadiens, des provinces et des intervenants.

[Traduction]

Selon moi, vous devez faire preuve de beaucoup plus d’audace, d’imagination et de créativité, étant donné que tous les indicateurs montrent que même les objectifs fixés par le gouvernement lors de la COP21, à Paris, sont bien en deçà de ce que nous devrions viser.

Autrement dit, vous ne devriez pas vous battre pour défendre ce que vous proposez. Vous devriez vous battre pour proposer ce dont nous avions besoin et qui irait au-delà des maigres résultats que nous obtiendrons avec la taxe sur le carbone et toutes les autres mesures dont vous parlez constamment.

Que direz-vous aux jeunes Canadiens au cours de la campagne électorale pour les convaincre qu’ils peuvent vous faire confiance?

[Français]

L’honorable Catherine McKenna, députée, C.P., ministre de l’Environnement et du Changement climatique : Merci, sénateur. Je vous remercie de votre appui vis-à-vis des actions ambitieuses que nous avons entreprises en ce qui a trait aux changements climatiques. Nous avons, bien sûr, un plan ambitieux. Nous avons le plan le plus ambitieux pour un gouvernement fédéral. Est-ce suffisant? Non. Nous avons pris plus de 50 mesures qui font du Canada un chef de file dans le monde. En ce qui a trait au méthane, nous éliminons 40 p. 100 des émissions dans le secteur pétrolier, et aucun autre pays ne fait cela. Nous investissons dans les énergies renouvelables, nous imposons un prix sur la pollution. Nous éliminons la production à partir du charbon, et nous avons fait des investissements historiques dans le transport en commun et dans les énergies renouvelables. Évidemment, nous devons en faire davantage. J’aimerais beaucoup que les Partis conservateurs à travers le pays appuient nos actions. C’est difficile maintenant, parce qu’ils disent des choses qui ne sont pas vraies et que les gens ont peur que la vie devienne moins abordable. C’est pourquoi nous avons un plan abordable.

[Traduction]

Je suis d’accord avec vous. Nous devons être plus ambitieux. Voilà pourquoi j’ai mis sur pied un groupe de travail sur la finance durable, qui étudiera comment transformer les milliards en billions dont nous avons besoin. Il est dirigé par Tiff Macklem.

Nous venons d’annoncer la création d’un conseil consultatif sur l’action pour le climat, qui sera dirigé par deux sommités dans le domaine de l’environnement, Steven Guilbeault du Québec et Tamara Vrooman, PDG de Vancity. Nous leur avons demandé de nous parler des moyens de dégager davantage de financement, en particulier dans les secteurs des transports, de l’environnement bâti, des bâtiments et des logements, qui sont d’énormes sources d’émissions.

Sur le plan international, nous avons créé le groupe Alliance : Énergiser au-delà du charbon. Il faut en effet s’intéresser à ce qui se fait ailleurs qu’au Canada. Il est urgent que les pays se débarrassent de leur dépendance au charbon, qui est la substance la plus polluante qui soit. Il faut donc trouver des solutions. Voilà pourquoi nous aidons les pays et les entreprises à renoncer au charbon. Nous faisons des investissements dans les pays en développement afin qu’ils puissent, le cas échéant, sauter l’étape charbon.

Absolument, nous devons faire plus. Premièrement, nous devons mettre en œuvre les éléments de notre plan et nous efforcer, chaque jour, d’appliquer des mesures plus ambitieuses. Comme je l’ai dit, ce serait beaucoup plus facile si la lutte contre les changements climatiques était un enjeu au sujet duquel tous les partis collaborent, de sorte que les gens comprendraient que la transition vers l’avenir concerne tout le monde, que nous serons en mesure de la faire tout en créant des emplois et que la vie sera moins chère.

Nous continuerons d’y travailler pendant le reste du mandat en espérant être élus et poursuivre notre action pendant un autre mandat.

Soyons clairs toutefois. Le Parti conservateur croit qu’on devrait faire moins plutôt que plus et qu’on devrait être libre de polluer dans tout le pays. Une telle doctrine ne fera qu’accroître les émissions de façon spectaculaire. Nous n’avons pas besoin de ce genre de leadership qui instille la peur chez les gens qui seraient sans cela disposés à appuyer des mesures sensées et efficaces.