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Hommages - L’honorable Claudette Tardif

L’honorable Serge Joyal : Honorables sénateurs, c’est avec beaucoup de regret que je vois partir la sénatrice Claudette Tardif, et ce, pour deux raisons bien précises.

La première est qu’elle force notre admiration inconditionnelle pour l’authenticité et la générosité de ses convictions à s’investir corps et âme dans la défense, sans faille, des droits de la communauté francophone de l’Alberta et des minorités partout au pays. Sa détermination, son engagement, sa passion en vue de maintenir haut et fort la visibilité des mesures qui doivent être constamment soutenues pour assurer leur existence et leur avenir sont une leçon pour nous tous.

Plusieurs d’entre nous viennent au Sénat avec une cause particulière, soit enracinée dans l’exercice d’une profession ou d’une responsabilité antérieure, soit par conviction personnelle intime. Ce peut être, par exemple, la voix des femmes aux prises avec le système pénitentiaire, celle des victimes de crimes, la voix des peuples autochtones engagés dans le redressement de leur dignité et de leur identité, la voix de ceux qui sont aux prises avec l’analphabétisme, ou celle des plus pauvres, des sans-abri ou encore des handicapés, des victimes de l’intolérance raciale et de l’exclusion.

Plusieurs d’entre nous mettent à profit la plateforme qu’offre le Sénat pour promouvoir ces valeurs d’égalité et de dignité qui font de la société canadienne un idéal de civilisation. La réputation du Sénat ne s’en trouve que mieux servie.

La sénatrice Tardif nous a bien démontré, tout au long de ces années passées dans cette Chambre, qu’il n’y a pas une journée où nous ne pouvons poser un geste, prendre la parole et incarner cet engagement d’humanité et de tolérance qui fait la différence et la fierté de ce que nous sommes comme Canadiens ou Canadiennes. Cet engagement profond s’est toujours maintenu enveloppé dans le charme fou de sa personnalité, tout en gentillesse, en douceur, accompagnée d’un sourire irrésistible.

La deuxième raison est que, oui, il y a du bonheur dans la lutte pour les idéaux que l’on se donne. J’ai pu en être témoin car j'ai eu le privilège de partager le pupitre jumelé — je dirai siamois — qui a été nôtre. Notre coude-à-coude m’a fourni l’occasion quotidienne de partager sa cause, de l’admirer sans relâche et de lui rappeler qu’il y a encore plusieurs sénateurs en cette Chambre qui, comme les Jean-Robert Gauthier, Gerald Comeau, Maria Chaput, et les Maltais, McIntyre, Jaffer, Mockler, Cormier, Gagné et Poirier, maintiendront haut et fort les voix de toutes ces communautés minoritaires qui retentissent toujours fortement en ces murs, minorités qui peuvent constamment compter sur notre fraternité et sur la fierté de nos convictions enthousiastes.

Chère collègue, chère amie, merci d’avoir tenu le flambeau, haut et fort! Votre exemple assurera la relève.