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Hommages - L’honorable Joan Fraser

L’honorable Serge Joyal : Honorables sénateurs, j’aurais beaucoup aimé que la sénatrice Fraser termine son mandat, ce qui l’aurait amenée à siéger jusqu’à l’élection d’octobre 2019, d’autant que, dans l’exercice de ses fonctions, elle a toujours démontré une fidélité, une rigueur professionnelle ainsi qu’une disponibilité sans faille. Il faut aussi reconnaître que, dans l’exercice de son mandat, elle a toujours fait preuve d’une grande indépendance d’esprit.

[Traduction]

Femme à l’esprit indépendant, elle n’arrive à une conclusion qu’après avoir examiné et analysé soigneusement chaque argument, comme elle le faisait toujours lorsqu’elle était rédactrice en chef du quotidien Montreal Gazette.

Après 19 ans de dévouement au Sénat, elle nous laisse en héritage un superbe exemple d’intégrité institutionnelle. Alors qu’elle n’avait jamais été membre d’un parti provincial ou fédéral avant d’être pressentie pour devenir sénatrice en 1998, elle est ensuite devenue membre du groupe libéral au Sénat et du Parti libéral du Canada. Malgré cette affiliation, elle ne laisse jamais des intérêts partisans l’emporter sur l’intérêt public.

Elle montre, par son exemple, qu’on peut très bien faire partie d’un groupe politique tout en conservant sa liberté intellectuelle. En fait, elle voit les partis politiques essentiellement comme des institutions qui permettent à des personnes au parcours, aux idées et aux expériences différentes de se regrouper et d’en arriver à un consensus à propos d’une série d’initiatives inspirées par des objectifs ou des problèmes de société précis.

[Français]

Selon la sénatrice Fraser, un caucus politique au Sénat n’est pas un regroupement destiné à niveler des visions distinctes qui perdraient leur originalité en se fondant dans le groupe. Les caucus sont plutôt des structures qui amènent des personnes ayant des expériences et des personnalités propres à définir des objectifs communs et à proposer des compromis afin d’en arriver, à la fin, à des résultats pratiques tout en demeurant libres de leur vote.

La sénatrice Fraser n’a jamais perdu son sens critique, son indépendance ou sa perception particulière du Québec et du Canada parce qu’elle était membre du caucus libéral. Sa conception du statut et de la place unique qu’occupe la communauté anglophone au Québec est claire, et elle a su l’exprimer chaque fois qu’elle en a eu l’occasion. Voici, je crois, ce qui a été sa plus grande contribution au cours de ses années de service au Sénat : cultiver une grande indépendance d’esprit tout en participant à cet exercice de médiation pour soutenir des débats et des réflexions qui visent à apporter des réponses précises à des problèmes particuliers.

Toujours respectueuse des divergences d’opinions et généreuse de son temps et de sa personne, la sénatrice Fraser ne quittait le Sénat qu’à la fin des séances et n’écourtait jamais sa disponibilité dans le cadre des travaux de la Chambre. Elle a incarné au mieux les exigences rattachées au devoir et à la responsabilité de la commission royale en vertu de laquelle chacun d’entre nous a été appelé à servir et a été assermenté.

[Traduction]

Madame la sénatrice Fraser, vous avez participé à l’établissement de normes éthiques qui ont permis au Sénat d’améliorer son travail tout en respectant pleinement la diversité des points de vue qui font sa richesse intellectuelle.

Nous vous serons toujours reconnaissants de cet héritage.

Des voix : Bravo!