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Hommage - Le décès de l’honorable P. Michael Pitfield, C.P., O.C.

L’honorable Serge Joyal : Honorables sénateurs, à la suite du décès du sénateur Michael Pitfield, il m’apparaît opportun de partager avec vous les réflexions du sénateur Pitfield sur l’institution du Sénat et sur le rôle que joue ce dernier au sein de notre système parlementaire.

Rappelons-nous que le sénateur Pitfield a siégé au Sénat de 1982 à 2010. Il a siégé comme indépendant, mais ce n’était pas parce qu'il ne voulait avoir aucun lien avec un parti politique pour effectuer ses fonctions sénatoriales. En fait, il était convaincu de l’importance du rôle des partis politiques au sein de la démocratie canadienne. Il a dit ce qui suit en mai 2000 au Sénat :

On nous enseigne que le fondement de la démocratie c’est la participation. Le principal véhicule de la participation, c’est le parti.

Avant d’être sénateur, Michael Pitfield a occupé les plus hautes fonctions au sein de la fonction publique canadienne. Il a collaboré étroitement avec des gouvernements libéraux et conservateurs. À son arrivée au Sénat, il ne voulait pas joindre un parti, parce qu’il craignait de donner l’impression qu’il avait camouflé son esprit partisan pendant sa carrière précédente. Un tel choix aurait compromis son intégrité professionnelle et son héritage. C’est pourquoi il a décidé de siéger à titre de sénateur indépendant.

Le sénateur Pitfield se préoccupait beaucoup du rôle et du statut du Sénat en tant qu’institution nationale. Pendant les débats sur le projet de loi sur la clarté, il a profité de l’occasion pour exprimer son point de vue et ses convictions personnelles :

Au sein de l’appareil gouvernemental, le Sénat est une institution à la fois très complexe et spécifiquement canadienne. Il joue un rôle vital en matière d’examen des lois et de représentation des régions […] Même si un système de gouvernement n’est jamais parfait, nous devons miser sur le génie de ce système pour qu’il soit toujours pertinent, tant pour la fonction publique fédérale que pour les Canadiens, au quotidien.

Le sénateur Pitfield a déclaré, à propos de la question des changements au Sénat, « qu’il vaut mieux ne pas s’attaquer à cette question en détail autrement que dans le contexte de la réforme générale de la Constitution ». Il a insisté sur le fait que les sénateurs ne doivent jamais oublier que la Constitution prévoit que les lois sont édictées par la reine, sur l’avis et avec le consentement du Sénat et de la Chambre des communes. Selon lui, le Sénat n’est ni un organisme consultatif de la Chambre des communes ni une assemblée de niveau inférieur. C’est la Chambre mûre du Parlement, qui représente les régions et les minorités dans le processus législatif.

Puis, il a ajouté ceci :

En même temps, il est essentiel de ne pas perdre de vue les caractéristiques typiquement canadiennes [de cette institution]. Après une réforme bien conçue, le Sénat pourrait offrir un contrepoids plus considérable qu’aujourd’hui au pouvoir exécutif, un débat national plus utile et une supervision administrative plus poussée […]

Il a déclaré ceci :

[...] en matière constitutionnelle, le premier pas n’est presque jamais le dernier [...]

Honorables sénateurs, j’ai perdu un ami personnel, mais je profite encore de sa sagacité.