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DÉCLARATION - La commémoration de la participation du Canada à la Première Guerre mondiale

 

L’honorable Serge Joyal : Honorables sénateurs, le 15 août dernier marquait le centenaire de la bataille de la côte 70 près de la ville de Lens, en France, engagée par les Forces canadiennes du 15 au 20 août 1917, lors de la Première Guerre mondiale.

Il m’apparaît important d’attirer votre attention sur cet événement, puisque c’était la première fois, dans l’histoire de l’armée canadienne, que les troupes de notre pays étaient dirigées par un commandant canadien et qu’elles ont réussi à prendre une position stratégique, position que les Allemands occupaient dans cette région minière du Nord de la France depuis le début de la guerre.

J’estime important d’attirer votre attention sur ce qui a été fait en août dernier pour commémorer les événements du 20 août 1917, date où, pour la première fois, des soldats canadiens sous un commandement entièrement canadien ont remporté une victoire dans la ville de Lens, qui était alors un bastion allemand.

N’oublions pas ce qui s’est passé en 1917 sur le front Ouest, en France, où des soldats canadiens combattaient depuis plus de deux ans. Cette année-là, au début d’avril, les quatre divisions de l’armée canadienne se sont réunies pour prendre part à la bataille de la crête de Vimy, qui s’est déroulée du 9 au 12 avril, sous le commandement du lieutenant-général britannique Julian Byng.

Deux mois plus tard, en juin 1917, le major-général Arthur Currie, un soldat canadien exceptionnel promu au grade de lieutenant-général, s’est vu confier le commandement des troupes canadiennes. Trois divisions de l’armée canadienne ont alors été regroupées sous le commandement exclusif du Canadien Arthur Currie pour lancer une attaque contre les forces allemandes, qui avaient transformé Lens en une redoutable forteresse.

Arthur Currie était un homme astucieux. Au lieu de lancer un assaut direct sur Lens, il a entrepris d’occuper une colline à proximité de la ville — la côte 70, appelée ainsi parce qu’elle se situait à 70 mètres au-dessus du niveau de la mer —, pour ensuite pilonner l’ennemi à partir de cet emplacement stratégique.

La bataille, qui s’est déroulée en août, a duré cinq jours et s’est soldée par une victoire au prix de lourdes pertes; en effet, 5 700 soldats canadiens ont alors été victimes des tirs ennemis, du gaz moutarde et des lance-flammes.

Hélas, par la suite, ce chapitre de l’histoire de la Première Guerre mondiale est largement tombé dans l’oubli, mais, heureusement, il n’a pas été complètement oublié. Il y a quelques années, un groupe de Canadiens a jugé nécessaire de commémorer les sacrifices et la victoire qui ont contribué de façon importante à la naissance d’une armée canadienne sous un commandement canadien.

Ils ont entrepris un projet visant à construire un monument commémoratif consacré à cette victoire historique. Huit millions de dollars ont été recueillis auprès de plus de 200 contributeurs, tous des donateurs privés. Le monument, un imposant obélisque de 14 mètres, a été inauguré l’an dernier par le gouverneur général, sur un terrain cédé par la municipalité de Loos-en-Gohelle.

J’ai eu l’honneur d'appuyer le projet et d’assister à la cérémonie en compagnie du colonel à la retraite Mark Hutchings, qui a lancé le projet avec Robert Baxter, et de nombreux descendants des soldats qui ont perdu la vie lors de la bataille de la côte 70, il y a plus de 100 ans.

C’est un moment mémorable dans l’histoire de notre pays et il est digne de commémoration.

Puissions-nous ne jamais oublier.