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DÉCLARATION - La bataille de la crête de Vimy - Le centième anniversaire

 

L'honorable Serge Joyal : Honorables sénateurs, le dimanche 9 avril prochain, le Canada, la France et le Royaume-Uni commémoreront la bataille de la crête de Vimy, au nord de la ville d'Arras, 100 ans après que les quatre divisions des troupes canadiennes sont sorties victorieuses des forces armées allemandes, qui étaient retranchées sur ce poste depuis octobre 1914.

Vimy était un bastion stratégique utilisé par les Allemands pour contrôler l'ensemble de la région industrielle du Nord de la France, riche en mines de charbon, qui étaient essentielles pour appuyer l'effort de guerre de l'Allemagne.

Au cours des années qui ont précédé l'attaque canadienne du 9 avril, les forces britanniques et françaises avaient tenté à deux reprises de saisir la forteresse allemande à Vimy, sans succès et au prix de lourdes pertes humaines, laissant derrière elles 100 000 morts.

Ce qui était sans précédent à Vimy au printemps de 1917, c'est que, pour la première fois, les quatre divisions formant le contingent canadien étaient réunies dans une attaque coordonnée sous le commandement du général britannique Julian Byng, assisté du brigadier-général canadien Arthur Currie.

La bataille de Vimy a été féroce et tragique. Dès la première journée, les Canadiens ont perdu 4 344 hommes. Ce fut, la pire journée de toute la guerre pour le Canada. À la fin, trois jours plus tard, 10 600 Canadiens étaient emportés, en très grande majorité des jeunes dans la vingtaine.

Pour les Canadiens, cette bataille a pris, au cours des ans, une valeur symbolique. En 1925, le gouvernement a décidé de choisir le site de Vimy pour construire un imposant cénotaphe en France, le plus important de tous les Alliés, pour rappeler la mort des 60 000 Canadiens qui ont péri au cours de la guerre. Sur le monument sont inscrits les noms des 11 285 soldats canadiens dont on n'a jamais retrouvé les corps et qui n'ont pu être inhumés. Vimy est le symbole de l'effort de guerre du Canada qui a été considérable, parmi les plus importants des Alliés, avec près de 620 000 personnes qui ont servi directement sous le drapeau du pays.

Pour mieux comprendre la signification de la participation du Canada à la Grande Guerre, nous avons pris l'initiative, il y a trois ans, en novembre 2014, d'organiser au Sénat un symposium de deux jours parrainé par le Président Noël Kinsella. Une deuxième séance a été organisée ensuite à l'Assemblée nationale, à Paris, en mai 2015. Bénéficiant des conseils du professeur d'histoire à la retraite Serge Bernier, le symposium en deux volets a fait intervenir 20 historiens renommés : 10 canadiens et 10 français.

Le but fondamental du symposium était de mieux comprendre l'effet transformateur de la guerre sur le Canada ainsi que sur la France. Les historiens ont analysé l'incidence de la guerre sur l'économie, les forces militaires et les finances publiques, sur la société et la culture, la censure et la propagande, et même sur l'évolution du Parlement canadien. D'autres contributeurs ont examiné comment la guerre a changé le rôle des femmes, le statut des minorités ethniques, dont les Autochtones, ainsi que l'importance et le sens de la religion et de l'art.

Tous ces essais ont ensuite été publiés dans un volume de 650 pages abondamment illustré. Honorables sénateurs, courez vous en procurer un exemplaire. Le lancement aura lieu dimanche prochain à Vimy et on pourra se le procurer au nouveau centre d'interprétation.