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Motion exhortant le gouvernement à établir une Commission nationale pour le cent cinquantième anniversaire de la Confédération—Ajournement du débat

 L'honorable Serge Joyal, conformément au préavis donné le 6 mars 2014, propose :

Que le Sénat exhorte le gouvernement du Canada à prendre les mesures nécessaires afin d'établir une Commission nationale pour le 150e anniversaire de la Confédération qui serait responsable de la préparation et de la réalisation des célébrations, projets et initiatives à travers le pays qui marqueront le 150e anniversaire de la Confédération tout au long de l'année 2017. De plus, le Sénat recommande que les membres de cette commission incluent des représentants de toutes les provinces et des territoires et que la commission puisse recevoir, en sus de tout budget voté par le Parlement, des contributions financières des Canadiens.

Honorables sénateurs, il peut sembler quelque peu étrange de parler aujourd'hui de la célébration du 150e anniversaire du Canada, qui se déroulera dans deux ans et demi, mais quelque chose me chicotait. Je me souviens très bien du centenaire du Canada, en 1967, et de l'exposition universelle qui a eu lieu à Montréal. Je me suis dit : « Si cette exposition a eu lieu en 1967, on a donc dû la préparer quelques années plus tôt. »

J'ai appris que le Comité permanent du patrimoine canadien de la Chambre des communes a déposé, l'an dernier, un rapport intitulé Le 150e anniversaire du Canada en 2017. Ce rapport a été déposé le 12 septembre.

Cela remonte à environ une année et demie.

Bien entendu, dans le discours du Trône d'octobre 2013, le gouvernement a annoncé une célébration, mais, depuis, nous n'en avons plus entendu parler. Personne ne semble faire preuve de leadership dans ce dossier.

Voilà pourquoi je suis allé fouiller dans les archives pour savoir comment la Commission du Centenaire de 1967 avait été mise sur pied. Cela fera plaisir à la sénatrice LeBreton, car elle s'en souviendra peut-être. Je vais citer le très honorable premier ministre Diefenbaker. Croyez-le ou non, ce dernier avait déclaré publiquement, en 1959 déjà, l'objectif de la célébration du centenaire. Je vais citer le hansard de la Chambre des communes du 19 décembre 1961. Voici ce qu'a déclaré M. Diefenbaker :

Je signalerai que le 4 octobre 1959, à l'université Assumption de Windsor, j'ai mentionné le centenaire, en disant :

Le gouvernement du Canada se propose d'entrer sous peu en rapports avec les provinces pour connaître leur façon de voir et leurs idées. J'espère que chaque province instituera un organisme qui permettra de constituer un comité national comprenant des représentants de toutes les provinces du Canada, des Églises et des organisations religieuses, culturelles, commerciales, ouvrières et agricoles, bref, comprenant tous les éléments de la vie canadienne, afin de dresser, de façon coordonnée, les plans qu'il convient pour les fêtes du centenaire national.

C'est ce qu'a déclaré M. Diefenbaker en 1959, soit près de huit ans avant 1967. Le gouvernement Diefenbaker — et j'ai encore une fois fouillé dans les archives — a présenté un projet de loi, le bill no C- 127, loi concernant la célébration du centenaire de la Confédération du Canada, lequel a été adopté le 18 septembre 1961. En 1961, six ans avant le centenaire, le gouvernement avait déjà une idée de la structure à mettre en place pour faire du centenaire une fête inoubliable. Je m'en souviens comme si elle avait eu lieu l'année dernière.

Je me suis dit que nous étions à deux ans et demi des célébrations, mais qu'on ne savait pas quelle personne, quelle entité ou quel organisme en était responsable. J'imagine que c'est Patrimoine Canada, mais le Comité permanent du patrimoine canadien de la Chambre des communes a formulé des recommandations le 12 septembre. Je dirais qu'il a examiné sérieusement la proposition. Il a tenu 18 réunions, entendu 54 groupes et particuliers et reçu 15 mémoires. Il a produit un volumineux rapport contenant 19 recommandations. L'une des principales ressemble à l'initiative du premier ministre John Diefenbaker : que le gouvernement du Canada définisse un cadre global qui incite les Canadiens à participer aux célébrations du 150e anniversaire de leur pays.

L'article 9 du projet de loi 127 de M. Diefenbaker prévoit ceci :

[...] établir une commission chargée de planifier et mettre sur pied des programmes et des projets relatifs au centenaire de la Confédération du Canada, et de susciter l'intérêt pour ces initiatives, afin que le centenaire puisse être célébré dans tout le Canada d'une manière conforme à sa signification nationale et historique [...]

Je pense que le gouvernement de M. Diefenbaker a visé juste. Il a fait ce qu'il fallait, au bon moment, suffisamment d'avance, afin que la commission soit dirigée par des Canadiens de prestige jouissant du crédit voulu pour mobiliser les appuis et attirer l'attention — autrement dit, pour recueillir des fonds — parce qu'en fait, l'un des buts de la commission était d'amasser de l'argent, de susciter l'intérêt. Pour éveiller l'intérêt à l'échelle nationale, il fallait que quelqu'un aille parler à l'Imperial Club, au Canadian Club, au club Kiwanis, aux chambres de commerce, aux églises, à tous les groupes et aux associations sportives et culturelles. Quelqu'un devait parler aux Canadiens et les Canadiens devaient se sentir parties prenantes. Je pense que le gouvernement qui a succédé à celui de M. Diefenbaker, celui de M. Pearson, et le secrétaire d'État d'alors, Maurice Lamontagne, ont continué sur la lancée du gouvernement Diefenbaker, et ce fut un succès.

Lorsque j'ai réexaminé les archives, j'ai sorti tous les rapports sur les diverses activités organisées. Celles-ci incluaient le train et les caravanes de la Confédération, des activités liées aux voyages faits par les jeunes, aux arts populaires, aux arts de la scène, aux arts visuels, à l'athlétisme et aux concours de canots de voyageurs chez nos amis métis et manitobains. Il y avait aussi des activités liées à des cérémonies et à des événements historiques, des activités d'ordre général, des activités liées aux subventions fédérales-provinciales, aux relations publiques et à l'information, ainsi que des activités de coordination des ministères et agences du gouvernement fédéral.

Honorables sénateurs, je répète que nous sommes à deux ans et demi des célébrations et nous nous demandons où nous nous en allons. Ce n'est pas que je craigne que quelqu'un ne s'adresse pas à la bonne personne au ministère du Patrimoine canadien. Toutefois, comme je l'ai dit, à mon avis les recommandations de Patrimoine canadien étaient appropriées, parce que le comité a évidemment recommandé qu'une structure soit mise en place et qu'une commission ou un comité national — donnez-lui le nom que vous voulez — se penche sur la question de l'héritage qu'il convient de laisser aux Canadiens. Il ne faut pas que l'on dépense des millions de dollars et que, l'année suivante, il ne reste plus rien.

Honorables sénateurs, vous savez tous que, par exemple, un symbole a été laissé en héritage sur la Colline du Parlement, à savoir la flamme du centenaire. C'est un symbole que tous les visiteurs sur la Colline peuvent voir et apprécier. Quel sera l'héritage permanent laissé par le Parlement à l'occasion du 150e anniversaire de la Confédération? Je pose la question d'une façon plus globale : quel sera l'héritage laissé par notre institution, le Sénat du Canada, à nos successeurs ici? Il convient de réfléchir à cette question.

L'autre recommandation formulée dans le rapport porte sur la participation des Canadiens. Il va de soi que nous — et quand je dis « nous » je parle de nous tous ici — voudrons étendre le plus possible cette participation. Je vois le sénateur Demers.

Il n'y a pas de doute que les institutions sportives doivent être impliquées dans la célébration du 150e anniversaire du Canada. Pourquoi? Parce que c'est une occasion de célébrer les talents sportifs du Canada tout comme les talents artistiques, scientifiques et culturels, et de célébrer les institutions qui ont fait ce pays, et la diversité de la population qui fait que le Canada est un pays vibrant, comme on dit dans l'autre langue, et qui continue d'attirer de partout dans le monde des milliers de citoyens qui souhaitent venir partager ce que nous avons bâti en commun.

C'est une occasion importante de nous unir pour atteindre certains objectifs qui vont au-delà de nos différences. Nous devons aussi célébrer ce qui nous unit, et non pas seulement nos différences. Nous, au Sénat — et le sénateur Dawson y a fait allusion plus tôt —, sommes tous conscients des différences régionales et autres questions semblables. Ces différences sont une caractéristique fondamentale de la fédération mais, au-delà de celles-ci, nous partageons des choses en commun. Or, le 150e anniversaire de la Confédération est une occasion de le signaler, de le mentionner et de le souligner.

Honorables sénateurs, c'est pour cette raison que j'ai présenté cette motion. Je l'ai présentée parce que je suis préoccupé par cette question. Certains parlent d'édification du pays, mais selon moi il n'y a rien de mal dans cette notion. Au contraire, l'édification du pays a quelque chose de positif lorsque tout le monde y trouve son compte. C'est quelque chose qu'il convient de souligner.

J'exhorte nos collègues d'en face, le leader du gouvernement et l'ancienne leader à prier le gouvernement de se manifester afin que nous et tous les Canadiens puissions embarquer dans le processus. Vous allez peut-être me demander qui je verrais prendre l'initiative. Notre Président va prendre sa retraite en novembre. Il est respecté des deux côtés de cette Chambre, il s'exprime dans les deux langues officielles et il sert les Canadiens depuis longtemps. À mon avis, il pourrait faire partie du conseil chargé de préparer le 150e anniversaire.

Je songe aussi à l'ancien ambassadeur Marc Lortie, qui a été en poste en France et qui, vous vous en souviendrez, a eu une carrière distinguée à titre de secrétaire de presse du premier ministre Mulroney. Tous seraient heureux de le voir assumer cette responsabilité. Il y a aussi l'honorable Hilary Weston, ancienne lieutenant-gouverneure de l'Ontario, qui est une Canadienne distinguée. Je suis sûr que nous pourrions trouver dans toutes les provinces des personnes respectées qui pourraient refléter nos plus belles réussites au pays. Nous avons désespérément besoin de nous rapprocher.

À mon avis, c'est un moment historique qui ne se représentera pas. Nous ne serons plus là au moment du 200e anniversaire du Canada. Nous avons la chance de faire quelque chose en 2017 et j'implore les ministériels à agir en conséquence. Je suis convaincu qu'une proposition comme celle-ci peut être accueillie avec bienveillance.

J'ai lu le discours prononcé par le maire d'Ottawa devant l'Economic Club of Canada le 7 avril, dans lequel il disait s'attendre à ce que le gouvernement fasse preuve de leadership.

Nous voulons avoir l'occasion de nous rallier derrière une commission ou un comité. Donnez le nom que vous voulez à l'organisme, mais faites en sorte que quelqu'un soit présent pour faire valoir, sur une base régulière et quotidienne, les objectifs en matière de célébrations qui nous rendront tous fiers d'être Canadiens en 2017.

Honorables sénateurs, c'est ce que je propose pour terminer la journée sur une note positive. Je suis convaincu que nous éprouvons tous les mêmes sentiments relativement aux célébrations qui marqueront l'anniversaire de notre pays. Je vous remercie.

La sénatrice Eaton : J'aimerais ajourner le débat à mon nom et préciser que mon collègue parle en son nom lorsqu'il dit qu'il ne sera pas ici à l'occasion du 200e anniversaire du Canada.

(Sur la motion de la sénatrice Eaton, le débat est ajourné.)