Ce site est conçu pour les fureteurs compatibles avec les normes web. Il demeure tout de même fonctionnel avec les autres fureteurs.

Accéder au contenu

Suite au décès de M. Claude Ryan

 Vous accepterez certainement de vous joindre à moi pour exprimer à la famille et aux parents de M. Claude Ryan nos plus sincères condoléances et notre reconnaissance et gratitude pour l’implication et les convictions de M. Ryan à défendre l’option canadienne à l’un des moments les plus importants de l’histoire de notre pays.

 M. Ryan croyait profondément à l’existence du Canada et à sa capacité d’évoluer pour assurer à ses citoyens la plus grande mesure de droits et libertés. Mais il demeurait aussi intimement convaincu des besoins particuliers du Québec et de sa passion à les défendre. Son implication dans les affaires canadiennes datent des années soixante au moment de la Conférence du Canada de demain.

 Ce qui le préoccupait le plus – et qu’il ne perdait jamais de vue – étaient les bases sur lesquelles le Canada est fondé et comment elles devaient être adoptées pour accommoder les différences qui caractérisent le Québec.

 L’évolution de sa pensée constitutionnelle reste à étudier de manière objective et complète. Mais à toutes les étapes du débat national depuis 40 ans, que ce soit en 1971 au sujet de la Charte Victoria, du Rapport Pépin-Robarts, du Livre Beige publiée sous sa direction lorsqu’il est devenu chef du Parti libéral du Québec, de ses discours percutants au moment du premier référendum en 1980 et du mouvement des Yvettes, auquel Madeleine son épouse contribua activement, du débat déchirant à l’intérieur du PLQ lors du rapatriement de la Constitution, de l’Accord du Lac Meech, du référendum sur l’Accord de Charlottetown ou plus récemment de la conclusion de l’Accord sur l’union sociale, M. Ryan a toujours contribué de manière généreuse, claire, rationnelle, et respectueuse des opinions opposées.

 Il faut ici rendre hommage à la contribution unique de M. Ryan à la qualité du débat public. Il a mis toutes ses capacités intellectuelles, son grand talent d’analyse, sa connaissance intime de l’histoire de notre pays, et son talent d’écrivain pour exprimer à ses concitoyens pourquoi le Canada demeure l’option la plus profitable pour la société humaniste que le Québec et singulièrement le Canada aspirent à devenir.

 M. Ryan a contribué de manière remarquable à la vie démocratique de notre pays en assurant que nos différences de vues trouvent réconciliation dans un débat public, civilisé, respectueux des règles éthiques, et emprunt de courtoisie.

 Le Québec perd un grand patriote, et le Canada un ami sincère. Puisse son exemple nous servir de guide pour l’avenir.