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Déclaration du Sénateur au sujet de la retraite du Sénateur Chalifoux

Honorables sénateurs, c'est avec grande fierté que je me joins à mes collègues pour souligner la contribution du sénateur Thelma Chalifoux à l'avancement et à la reconnaissance du peuple métis à titre de nation autochtone possédant un statut et tous les droits constitutionnels ainsi qu'à la proclamation de Louis Riel à titre de héros canadien et métis.

L'histoire de la participation du peuple métis au statut de nation du Canada doit encore être découverte et comprise. Les Métis sont d'abord issus d'unions de femmes amérindiennes et d'explorateurs, de chasseurs et de commerçants de fourrures d'origine française, fait qui a duré plus de 100 ans, puis de l'union de ces femmes avec des hommes d'origine britannique et écossaise après le changement d'allégeance du pays. Cette situation était unique. Une nouvelle nation autochtone venait d'être créée. Malheureusement, les Métis ont été privés d'un statut véritable et, en fait, bannis des limites de tout territoire reconnu. Ils n'étaient ni des Amérindiens de sang pur vivant sur des terres ancestrales ni, bien sûr, des descendants de souche exclusivement européenne. Pendant des années, ils ont connu une vie de nomade, se déplaçant avec leurs enfants et leurs maigres possessions.

Sans territoire, les Métis ne pouvaient prendre racine, former une communauté stable, développer des institutions autonomes et profiter ainsi de leurs droits aux ressources de ce pays. C'est ce que comprit leur chef Louis Riel, un Métis, et il revendiqua en leur nom auprès du gouvernement, qui, sans égard à leur droit d'occupation, tenta de les déposséder. Ce combat divisa profondément le nouveau pays en opposant pour la première fois les francophones du Québec et la majorité anglophone de l'Ontario.

Riel a compris que les Métis faisaient face au défi singulier d'intégrer les langues et les influences françaises et anglaises tout en préservant leur mode de vie et leur culture traditionnels. Ils affrontaient également les difficultés d'une errance d'exilés dans leur propre pays. Ils avaient à revendiquer le strict minimum de droits pour vivre en paix. Par son leadership, Riel leur a rendu leur dignité, la fierté de leurs origines et leur identité unique, mais au prix des batailles et de la mort.

C'est donc à juste titre que le sénateur Chalifoux a essayé, par deux projets de loi différents, de faire reconnaître la place qui revient à Riel dans l'histoire du Canada.

Après 112 ans, les Métis, un peuple sans voix, ont fini par être entendus. La Loi constitutionnelle de 1982, grâce à un amendement apporté à sa version initiale, a inclus les Métis en tant qu'un peuple autochtone reconnu et, 21 ans plus tard, dans l'affaire Powley, la Cour suprême a confirmé leur admissibilité au statut intégral de nation autochtone.

Le sénateur Chalifoux a porté jusque dans cette salle la situation critique de son peuple: l'itinérance urbaine, le mauvais état de santé, la pauvreté infantile et le suicide des jeunes. Son départ du Sénat aujourd'hui soulève la question de savoir comment nous préserverons la visibilité de ces préoccupations dans nos travaux législatifs et dans nos études. Elles nous a rendus collectivement responsables de l'amélioration fondamentale à laquelle les Métis ont droit tant au chapitre des terres que de celui de la gouvernance. J'aimerais l'assurer que, grâce à son initiative de sensibilisation à notre égard, nous nous inspirerons de son dévouement pour rétablir les droits des Métis.

Je vous remercie, sénateur Chalifoux, avec toute notre considération, du sentiment de dignité et du sens profond de l'honneur que vous avez apportés à votre engagement.