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Hommages - L'honorable Lorna Milne

Débats du Sénat (hansard)

L'honorable Serge Joyal : Honorables sénateurs, à l'occasion du départ à la retraite de madame le sénateur Lorna Milne, c'est avec gratitude que je vais rappeler ses nombreuses contributions au cours des 14 années pendant lesquelles elle a siégé au Comité sénatorial permanent des affaires juridiques et constitutionnelles. Elle a travaillé au sein du comité de façon presque continue. Elle a occupé le fauteuil de présidente pendant une bonne partie de ses années de service.

Le Comité sénatorial des affaires juridiques et constitutionnelles attire généralement les sénateurs de formation juridique, compte tenu de son mandat, en l'occurrence l'étude des questions juridiques et constitutionnelles, et du fait qu'il lui revient d'examiner 80 p. 100 des projets de loi présentés par le gouvernement.

Cependant, le comité n'est pas composé uniquement de juristes ou de membres de la communauté juridique. Certains, comme le sénateur Milne, qui ont conservé un intérêt profond pour les questions diverses et complexes qui sont examinées et débattues au comité, doivent développer la capacité de comprendre le jargon juridique et décoder les concepts juridiques spécialisés qui caractérise l'étude des projets de loi juridiques et constitutionnels.

Par exemple, il faut être en mesure de comprendre les ramifications de la Charte canadienne des droits et libertés et de la Constitution canadienne, deux textes datant de 1867, telles qu'interprétées par les tribunaux dans le cadre de nombreuses décisions, de même que la Loi constitutionnelle de 1982, les principes et la riche jurisprudence qui sont le fondement de la common law et même, jusqu'à un certain point, les principes du Code civil du Québec et, bien entendu, l'immense corpus du droit législatif.

Dans cette tâche, madame le sénateur Milne a montré qu'elle avait un esprit assidu grâce auquel elle a développé une capacité remarquable de faire face à tous les défis et à contribuer aux travaux d'une façon très appréciée par la plupart des membres du comité. Pendant les longues séances du comité, de plus en plus longues avec les années, madame le sénateur Milne s'est toujours fait l'écho des préoccupations de ceux qui, trop souvent, portent le poids de l'administration de la justice. Elle a dénoncé les conditions de la population carcérale d'origine autochtone, défendu le sort de ceux qui doivent avoir recours à l'aide juridique pour faire entendre leurs plaintes et fait valoir les conditions particulières de femmes faisant face au système juridique, en étant que victimes, accusées ou détenues.

Elle a fait entendre le point de vue humain qui ne doit jamais être perdu de vue si on veut que la justice se montre à la hauteur de son défi.

Le sénateur Milne a exprimé de façon très pertinente la nécessité que les sénateurs exercent de plus longs mandats, tant pour acquérir la compréhension voulue des procédures et des arcanes des règles parlementaires que pour être en mesure d'exercer un bon jugement et de donner des avis et des consentements qui vont bien au-delà des notes préparées par des ministères ou des agences gouvernementales.

Fidèle au travail du Comité des affaires juridiques, Lorna Milne a parlé en faveur d'une mémoire institutionnelle permettant d'assurer le niveau de qualité et la hauteur de vues qu'exige le travail du Sénat. C'est avec une gratitude non feinte que je souhaite tout le bonheur possible au sénateur Milne et que je la remercie au moment où elle prend une retraite bien méritée.