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Hommages - L'honorable P. Michael Pitfield, C.P.

L'honorable Serge Joyal : Honorables sénateurs, c'est un privilège de pouvoir rendre hommage au sénateur Michael Pitfield au moment de son départ du Sénat.

[Traduction]

Le sénateur Pitfield a permis à notre assemblée de bénéficier de son impressionnante expérience de l'administration publique, à laquelle s'ajoutent de solides études universitaires. Au cours de sa brillante carrière au gouvernement, il a notamment été greffier du Conseil privé, le plus haut poste au sein de la fonction publique. Il a aussi enseigné à la John F. Kennedy School of Government avant de devenir professeur invité à l'Institute of Politics de l'Université Harvard. Il a aussi été membre du premier conseil d'administration de l'Institut de recherche en politiques publiques, un organisme que notre collègue, le sénateur Segal, connaît très bien.

Dans le cadre de ses fonctions au Conseil privé, le sénateur Pitfield a été responsable, entre autres, de la plus grande partie du travail préparatoire qui a mené à la création de l'Ordre du Canada. C'est lui qui lui a donné son nom et qui a établi sa chancellerie indépendante. Son rôle à cet égard est bien décrit dans l'ouvrage de Christopher McCreery, The Order of Canada : Its Origin, History, and Development. Il est plus tard devenu sous-ministre de la Consommation et des Corporations, où il a supervisé la conception de la loi sur le Time et le Reader's Digest, qui visait à stimuler l'industrie des publications canadiennes. En 1975, comme je le disais, le sénateur Pitfield a été nommé greffier du Conseil privé et secrétaire du cabinet du premier ministre Trudeau. Il n'avait alors que 37 ans. Tandis qu'il agissait à ce titre, au cours de la dernière administration Trudeau, il a dirigé, aux côtés de l'ancien sénateur Michael Kirby, l'équipe qui a œuvré au rapatriement de la Constitution et à l'établissement de la Charte canadienne des droits et libertés. C'est à cette époque que j'ai eu le privilège de travailler en étroite collaboration avec lui.

Lorsqu'il a quitté la fonction publique, en 1982, le sénateur Pitfield a refusé l'Ordre du Canada pour éviter toute apparence de conflit d'intérêts. C'est son sens profond de la probité qui l'a amené à devenir sénateur indépendant quand il a été appelé à siéger ici.

En tant que sénateur, il est demeuré actif dans bien des dossiers relevant de l'administration publique. Chaque fois que le sénateur Pitfield prenait la parole sur des questions d'intérêt national, comme la Loi sur la clarté ou la réforme du Sénat, ses opinions avaient toujours une profonde influence sur le second examen objectif que nous réalisions dans notre assemblée. Tous les sénateurs savaient que ce qu'il dirait serait d'une grande portée, serait réfléchi et serait fondé sur sa longue expérience et sur ses mûres réflexions concernant l'administration publique. Le point de vue du sénateur Pitfield sur la réforme du Sénat était tout aussi claire. Il a dit ceci :

Il est important de reconnaître ce qui est typiquement canadien afin d'éviter d'être séduit par ce qu'on peut emprunter discrètement aux systèmes étrangers tout simplement parce que cela semble fonctionner ailleurs. Un tel emprunt, en pratique, risquerait de fausser le fonctionnement de notre système de gouvernement.

Le sénateur Pitfield a instillé au Sénat un plus grand sens du professionnalisme et du service désintéressé. Nous avons tous bénéficié de sa sagesse et de son intuition mais, si l'on met de côté sa profondeur intellectuelle, nous avons surtout eu le bonheur de côtoyer un véritable gentilhomme, courtois et respectueux des différents points de vue. Il a inspiré d'autres sénateurs par son intégrité, sa vive intelligence, son indépendance d'esprit et sa vaste expérience. Le sénateur Pitfield est l'incarnation des plus grandes qualités du Sénat.

Honorables sénateurs, bien servir est important et, comme disait Martin Luther King, « pour servir, vous avez seulement besoin d'un cœur touché par la grâce, d'une âme engendrée par l'amour ».

Le sénateur Pitfield en était l'incarnation parfaite. Je dis adieu au sénateur Pitfield à l'occasion de son départ du Sénat et je tiens à ce que sa famille, qui nous regarde et nous écoute là-haut, sache qu'il était fort estimé dans cette enceinte. Dès qu'il prenait la parole, il retenait l'attention de chacun des sénateurs.

Cela dit, je tiens à ce que ses enfants et ses petits-enfants sachent qu'il était un bon serviteur et je souhaite au sénateur Pitfield, même si je sais que sa santé n'est pas très bonne, la plus belle des retraites qu'il puisse avoir.